Partage de la réalité de l’hôpital pendant l'épidémie de coronavirus

A l’hôpital de Douai, témoignage de Sœur Nicole, aumônier catholique.

Les personnes hospitalisées n’ont plus de visites de leur famille. Le linge propre est apporté par les familles à l’accueil. C’est une réelle souffrance pour les malades que je visite.

Les visites sont autorisées pour les fins de vie …Il y a une réelle humanité dans l’accompagnement des familles et des personnes en fin de vie : à l’hôpital, il n’a pas que les malades du covid 19.

Les malades Covid 19 sont en réanimation, puis dans des services de suite en médecine avec des protections pour les soignants, les psychologues…et l’aumônier ! (voir la photo)

 

En Mai, dans le service de convalescence…

 

J’ai été appelée pour accompagner de Marie-Thérèse. Je l’ai rencontrée 4 fois : elle m’avait sollicitée pour l’écouter et prier avec elle.

Marie Thérèse, 90 ans est arrivée guérie au service de convalescence :

Elle m’a autorisée à la photographier et m’a confiée son vécu de la maladie : « un combat pour continuer à vivre… »

« Je suis arrivée, je toussais depuis plusieurs jours …Conduite à l’hôpital, j’ai été mise sous masque à oxygène. Je leur disais « Laissez-moi mourir ! Pendant 2 jours c’était « un enfer sur terre. Un enfer…atroce…je n’ai jamais souffert comme cela. Je n’avais plus d’air ! …je crachais du sang et saignais du nez…j’ai pensé à mon grand-père qui ramassait les blessés dans les tranchées à la guerre 14 à Verdun, il avait 30 ans, il est mort par un jet d’obus…j’ai pensé rejoindre mon fils Jacques (je l’ai accompagné en fin de vie)…j’ai fait 4 services à l’hôpital pendant ces 2 mois…et je m’en sors. Je vais revoir mes enfants et petits-enfants…c’est Dieu qui m’a sauvé !! Je crois en Lui.

Marie Thérèse réapprend à se mettre debout et à marcher…

 

Article publié par service diocésain Aumôneries des établissements de santé • Publié le Jeudi 18 juin 2020 • 372 visites

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