La Pastorale de la santé est une présence d’Église auprès des personnes touchées par la maladie, le grand âge ou le handicap et auprès des professionnels de santé. Elle assure une attention fraternelle et un soutien spirituel auprès d’elles, de leurs familles et de ceux qui les accompagnent.
« J’étais malade et vous m’avez visité » Matthieu 25, 36.
Aller à la rencontre de l’autre, le visiter, se faire proche de lui, prendre le temps de l’écouter et rompre sa solitude, c’est la mission portée par toute une pastorale celle de la santé.
Les missions de la pastorale de la santé
Se rendre proche des personnes fragilisées et de leurs proche, en lien avec les professionnels de santé et le monde associatif.
Développer et accompagner les équipes engagées auprès des personnes malades, âgées, handicapées par la formation et la relecture.
Participer à la réflexion et au débat sur les questions liées à la santé
Une pastorale qui recouvre plusieurs dimensions
Dans le diocèse de Cambrai, la pastorale de la santé ce sont des centaines de bénévoles qui se mettent au service des malades.
- Les aumôneries d’établissement de santé
À l’hôpital, l’aumônerie manifeste la présence de l’Église auprès des personnes hospitalisées et de leur famille en leur proposant des visites, un accompagnement personnel et les sacrements s’ils le souhaitent.
Le diocèse de Cambrai compte 15 aumôniers. la moitié sont salariés des établissements de santé. Les 14 Centres Hospitaliers du diocèse, leurs EHPAD et les quelques cliniques rattachées sont pourvus en aumôneries, ainsi que 4 cliniques privées.
Les aumôneries s’organisent autour de l'aumônier et d'une équipe de bénévoles, qui visitent et/ou aident à l’occasion des célébrations ou messes, notamment dans les EHPAD. Pour quelques aumôneries, il y a un prêtre référent, voire accompagnateur de l'équipe. Les autres aumôniers font appel aux prêtres du secteur pour les demandes de sacrement.
Un aumônier témoigne « je vis un voyage au cœur de l’humain ». Il nous confie être témoin d’un visage qui s’illumine parce que quelqu’un vient le visiter, d’une personne malade qui se redresse parce qu’une personne est à l’écoute.
Un visiteur à l’occasion de son arrêt de mission nous confie « j’ai vécu des moments de grande joie. Est-il inconvenant de parler de grande joie quand on évoque des personnes qui souffrent ? Parfois, j’oubliais que je voyais des malades tant leur confiance en la vie m’étonnait. »
- Le SEM, Service d'évangile auprès des Malades
Le SEM a pour mission d’organiser les visites dans les EHPAD privés et au domicile. Les équipes paroissiales de bénévoles apportent une présence d’Église lors de visites régulières ou en accompagnant le prêtre lors des eucharisties ou d’autres sacrements. Le SEM permet que dans la majorité des EHPAD, la messe soit célébrée régulièrement. Et que dans ceux où cela n’est plus possible en raison de l’absence de célébrant, des temps de prière commune ainsi que la communion soit proposée aux personnes âgées.
Dans de nombreuses paroisses sont organisées des messes de malades et des célébration communautaires du sacrement des malades, auxquelles sont souvent associés des enfants de la catéchèse.
Un bénévole nous confie « Je suis touché par la confiance réciproque vécue dans l’équipe, et la parole libre de chacun. »
Une personne visitée s’enthousiasme « Vous êtes là, vous m’écoutez, et pourtant on ne se connaît pas. ». Et une famille précise au visiteur « Venez, ne serait-ce que pour nous ». Il n’est pas rare d’entendre en fin de visite, la personne visitée remercier chaleureusement « Vous m’avez fait passer une merveilleuse après-midi, Merci ». Et le bénévole de remercier lui aussi « Merci à vous M., pour votre reconnaissance à la vie. » Lors de ces visites, les visiteurs bénévoles “reçoivent autant qu’ils donnent “ .
Une journée diocésaine à destination de tous les membres d'équipe d'aumônerie hospitalière, des représentants du SEM et les délégués doyennés est organisée chaque année.
- La pastorale du handicap
Dans le diocèse, la pastorale du handicap s’articule autour de plusieurs groupes. Il s’agit de :
Foi et Lumière : au service des personnes handicapées mentales et de leurs familles.
Voir ensemble : au service des mal voyants
- La formation et l’accompagnement des équipes et des visiteurs
La pastorale de la santé est en lien avec les professionnels de la santé et du social.
Pour assurer au mieux sa mission auprès des personnes malades et de leurs familles en coopération avec le personnel soignant, la pastorale de la santé développe plusieurs outils qui sont mis à la disposition des équipes :
Le livret « visiter la personne malade » qui peut servir également de support pour une relecture en équipe de visiteurs.
Des formations spécifiques afin d’améliorer la qualité de la présence du point de vue humain et pastoral coordonnées par Florence Choquet, formatrice.
Une formation initiale à laquelle s’ajoute des formations complémentaires.
" Les personnes que nous visitons sont parfois très loin de l’église. Mais la plupart d’entre elles ont cherché à vivre, comme elles le pouvaient. Elles ont essayé de faire un peu de bien, tout simplement, autour d’elles. Et bien, elles sont fils et filles de Dieu, même si elles ne sont pas baptisées, même si elles ne participent pas aux sacrements de l’église, même si elles ne vont jamais se confesser. Elles le sont devenues par la qualité de leur relation. En d’autre termes, si elles peuvent vivre comme cela, c’est que Dieu leur a donné de vivre de cette manière, parce qu’il est le premier à être pauvre, artisan de paix, doux, miséricordieux et juste. Etre fils ou filles de Dieu, c’est avoir été engendrés par lui à vivre comme lui. C’est pour cette raison que ces personnes ont tant à nous donner.
L’Evangile nous invite à croire que « le Christ est réellement présent » au coeur de la relation. Il se communique dans l’entre-nous de la rencontre, même si nous ne prononçons pas son nom, même si la personne visitée ne le connaît pas. Il se donne réellement dans la mesure où chacun est vrai avec lui-même, cherchant simplement à poser les gestes et à dire les paroles qui sonnent justes à ce moment là. Il est donc tout à fait possible de parler de ce qui fait la vie du patient, de ses enfants, de son métier, de ce qu’il ou elle aime dans la vie sans lui parler d’autre chose, tout en lui communiquant en même temps la présence réelle du Christ. Le signe de sa présence est la paix qui s’instaure dans le dialogue et une certaine joie dépouillée, mais bien réelle. "
Pére Philippe Bacq